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Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Séraphin le Sam 18 Juil 2009 - 11:37

El pisrie

On ne sait pas d'où nous vient ce nom. C'est incroyable dans des petits espaces, ce qu'on peut ranger comme marchandises... L'art d'empiler. Amasser les articles. Settef settef. Entasser les besoins des clients sur de pauvres étagères. Surchargées. Prêtes à exploser. Boutika mtartga. Des étagères malmenées toute la journée, les articles font la fête, d'autres les têtes. On les palpe. On les empoigne et on leur fait croire qu'ils sont choisis. Les marchandises. Quant au dernier moment, juste avant de sortir du Mahal, on les repose aussi vite. Essouma, souma. Et puis, être épicier ce n'est pas un métier facile.

Fel picerie, il faut vraiment être intelligent. A la portée des gens. L'intelligence sociale. La connaissance du terrain aussi est importante. Il faut savoir parler de zit sans trop de lubrifiant. El baratin. La patience. Le smid, il faut savoir l'adapter au smig. C'est la mère du commerce. Le client. De toutes les couleurs, couche à couche sociale. De toutes les formes. Il est souvent impatient qu'on le serve, el mechtari. Servir el mechtari, celui qui paye cash. Courber le dos, il faut pouvoir le faire quand il y a des retards dans les salaires ou quand un sale air traverse l'entreprise. Leur servir leur farine quand le blé leur vient à manquer. Quand la bourse internationale influe sur leur bourse et qu'ils ne savent pas le dire. Quel gosse pourrait se vanter de ne pas avoir rendu visite à l'épicier une fois au moins dans la journée. Koul youm et sa baraka. Alors parler de budget...

Fel bled, il y a encore, dans les quartiers de nos villes, qui ne sont pas connues par les élus, qui ne sont pas connus eux-mêmes, des clients de l'épicerie, des épiciers qui fonctionnent au carnet, au crédit sans intérêt. Qui ferait rougir toutes les Sociétés générales imposées ou autorisées.

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Séraphin le Mer 22 Juil 2009 - 11:51

Flash-bac

lger 2009. Temps ensoleillé. Palais du peuple pas laid. Pelouse... euh pardon, gâteau bellouz et gazouz sur toutes les tables. Des médailles et des mets d'ail, relevés. Des voyages à l'étranger pour développer le tourisme en Algérie. «Le grand mérite revient au président de la République qui a endossé la responsabilité du développement et de la réforme de l'école algérienne», a tenu à souligner le vizir de l'Education nationale. Lors de la cérémonie qui devait honorer les lauréats du bac. Quand on dit «grand mérite», c'est, qu'en face, il y a «petit mérite». Devons-nous comprendre donc, que si le grand mérite revient au Président, le petit mérite lui revient de droit ? Zid, zid ya Benbouzid.

Mais, ce que semble oublier le ouazir qui colle et qui fait école, c'est que l'enfant qui a eu la meilleure note, cette élève de terminale au Lycée Hammou Boutlélis d'Oran, n'a pas fait son cursus scolaire en Algérie. C'est dans un pays du Golfe qu'elle a fait ses classes. Ce n'est donc pas un fruit de l'école benbouzidienne, ni un produit des réformes de la madrassa algérienne. Cela ne diminue en rien les potentialités de cette lauréate, que nous félicitons au passage. Zid, zid ya Benbouzid, zid ! C'est, encore une fois, un exemple qu'il faut méditer. Et rien que pour ça, cette jeune lauréate mérite toute notre reconnaissance. Par ses résultats, elle a signifié à nous tous, que pour réussir, il faut partir. Oui, partir à l'étranger pour s'imposer après fel bled. C'est valable pour les scientifiques marginalisés chez nous qui font les beaux jours des firmes étrangères. Des universitaires obligés de se taire ici qui sont de toutes les conférences là-bas. Des «pieds-cassés» du foot algériens qui, partis là-bas, reviennent en pros ici. Alors, tu veux qu nzid ya Benbouzid ?

Pourquoi donc s'étonner de voir trôner, devant chaque établissement scolaire, ces plaques de signalisation «Ralentir école !» qui disent long sur notre volonté d'avancer, n'est-ce pas Mouhoub?

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par orange le Mer 22 Juil 2009 - 19:23

mais qu'est qu'il fout là mon surnom ?

pour les deux textes Séraph. +1 (3oude thassabni )

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Séraphin le Sam 22 Aoû 2009 - 13:06

SamdhanEl youm on est samedhan. C'est-à-dire un samedi de Ramadhan sidna. En plus, c'est un samedi, deuxième jour de week-end. La cigarette ne me manque pas du tout. Ni le café du matin. J'adore me réveiller les yeux sulfureux d'avoir trop veillé. Les jambes en coton à attendre le transport qui doit m'accompagner au boulot. Car, contrairement aux «weekendards», je travaille. Je ne suis pas en retard, pas du tout. Je dois commencer à neuf heures et il est à peine neuf heures dix. De toute façon, moi je suis parmi les plus ponctuels, il se trouve d'autres qui arrivent à peine avant de s'en aller. C'est normal, leur «fiche de paix» leur permet cet écart. Ils font partie du staff dirigeant. Et quand on dirige, on peut le faire même à partir de chez soi. Surtout avec les moyens technologiques actuels. A partir de son lit on peut appeler la secrétaire perso qui lit le courrier que vous lui avez demandé d'ouvrir. D'y répondre positivement ou négativement. Vous jouissez des avantages des cadres. A partir de votre lit vous pouvez consulter aussi vos partenaires et collaborateurs qui feront semblant de vous répondre à partir de leur bureau. Au fait, les samedhan, dimandhan, lundhan, mardhan, mercredhan, les jours du Ramadhan, on devient moderne, la technologie est utilisée à fond. On n'a pas besoin de se déplacer pour donner un ordre ou lancer une opération. Faire un suivi ou suivre une directive. Il suffit d'une connexion ADSL payée par la charika, une puce, un bon téléphone mobile, et du champ et du champ. Sur le champ tout se règle. Le mensonge grâce à tout ces outils, tu ne vois que du feu. Pendant le Ramadhan, il y a beaucoup de baraka. Fi l'entreprise même le planton devient charika gadra. Et comment... c'est lui qui est devant la pointeuse... si tu veux pointer à ta guise, il te faut pointer chez le monsieur de la pointeuse... et koulchi yemchi.

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Séraphin le Dim 6 Sep 2009 - 13:12

Rzazi

El-ouard ouel-yasmine, mélangeant leurs senteurs, faisaient du jardin un havre de paix. De fleur en fleur, les abeilles butinaient. La ruche regorgeait de miel.

Mais voilà la guêpe qui se décide à se mêler à la fichta. Sa taille fine lui permet de tromper la vigilance des gardiens et, furtivement, de s'introduire dans la ruche. Elle appela ensuite sa sœur, sa cousine, la sœur de la cousine, puis toutes les voisines. En un clin d'œil, la ruche, de guêpes fut envahie.

Non contentes de manger tout le miel que les abeilles fabriquaient, pour passer le temps elles décident de casser les alvéoles. Hors d'elles, les abeilles protestent. Mais les guêpes en force organisent une grande manifestation. Du boucan, il y en a eu.

Alerté par la gravité de la situation, le Haut-conseil des bourdons, aux corps lourds et velus, se rassemble démocratiquement. Le parti des abeilles est convoqué.

- De quoi vous plaignez-vous ?

- Je n'ai pas à abriter des parasites, pour qui consommer est le seul travail, et détruire le loisir préféré, dit le représentant des abeilles.

- C'est de votre faute si la guêpe est venimeuse, répond le président du Haut-conseil des bourbons, car vous n'avez pas su comment l'assimiler. Il faut la respecter. Elle aime manger, laissez-la manger ; elle aime casser, laissez-la casser. Laissez-la ainsi exprimer sa personnalité. On est en démocratie !».

Encouragées par les hautes instances, plus les guêpes mangeaient de miel, plus elles en avaient. Plus elles saccageaient, plus elles devenaient interlocutrices incontournables.

Pendant ce temps, les abeilles travaillaient toujours plus. Elles se tuent au travail. Engraissées, les guêpes proliféraient. Epuisées, affaiblies, les abeilles disparaissaient. On appliqua les lois de la démocratie qui donnent aux plus nombreux le droit de décision. Plus nombreuses, les guêpes chassèrent les abeilles. Au bout de quelque temps, de miel il n'y en avait plus. Il fallait exporter les fleurs pour importer du miel, jusqu'à épuisement des derniers plants. Le dénuement, la misère devinrent maîtres des lieux. La ruche périclita. Le malheur se répandit dans le jardin déserté par les meilleurs... On fit appel aux abeilles étrangères pour la fabrication de miel... Mais sans fleurs, que peut faire la meilleure abeille ?

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Valodia le Lun 14 Sep 2009 - 7:05

Si vous permettez que j'en rajoute un

Grippe A(rgent)

Chaque année, un million de personnes meurent de la malaria, maladie qui pourrait être prévenue avec un simple moustiquaire. La diarrhée tue 2 millions d'enfants par an dans le monde. Un banal sérum pourrait mettre fin à l'hécatombe. Les journaux n'en parlent pas ! De simples vaccins pourraient guérir 10 millions de personnes qui meurent de rougeole, de pneumonie et d'autres infirmités. Les journaux, motus !

Mais il y a de cela 10 ans, quand la fameuse grippe aviaire est apparue, les journaux du monde entier nous ont inondés d'informations à ce sujet... Pandémie ! Et pourtant, la grippe aviaire a causé la mort de quelque 250 personnes en 10 ans... 25 morts par an. La grippe commune tue un demi-million de personnes par an dans le monde. Un demi-million contre 25 ! Alors, pourquoi un tel remue-ménage - un scandale - autour de la grippe aviaire ? Parce que derrière les poulets il y avait un «coq», un coq à grande crête : l'entreprise pharmaceutique internationale Roche avec son fameux Tamiflu, vendu à des millions de doses aux pays asiatiques. Grâce à la grippe aviaire, Roche et Relenza, les deux des plus grosses entreprises pharmaceutiques qui vendent les antiviraux, ont obtenu des millions de dollars de bénéfices.

Maintenant que kemelna avec les zoizeaux, parlons de porc, el-khenzir. Tous les médias du monde ne parlent que de ça. La grippe porcine. Elle devait s'appeler mexicaine, mais les sombreros se sont énervés. N'y aurait-il pas derrière les cochons un «gros porc» ? Un hallouf qui aimerait se goinfrer ? L'entreprise nord-américaine Gilead Sciences détient le brevet du Tamiflu. Le principal actionnaire de cette entreprise n'est autre que le sinistre Donald Rumsfeld, secrétaire d'Etat à la Défense de George Bush, l'artisan de la guerre contre l'Irak...

Les actionnaires des entreprises pharmaceutiques Roche et Relenza doivent se frotter les mains, ils doivent être heureux avec les millions de nouvelles ventes du Tamiflu.

La véritable pandémie est celle de l'argent, les énormes bénéfices de ces mercenaires de la santé, sans nier les précautions nécessaires qui sont en train d'être prises par tous les pays du globe.

Mais si la grippe porcine est une pandémie aussi terrible que l'annoncent les médias, si l'OMS se préoccupe tant de cette maladie, pourquoi ne la déclare-t-on pas cette pandémie comme un problème mondial de santé publique ? Pourquoi ne pas autoriser la fabrication de médicaments génériques pour la combattre ?

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Valodia le Jeu 29 Oct 2009 - 12:11

Correction
Il y a 2.450 ans déjà, Platon disait : lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant la grossièreté de leurs élèves et préfèrent les flatter... amala tzaguett.

Il est des fois où je parais grossier. Mais, croyez-le, ce n'est nullement un problème de limite du vocabulaire. Comme ceux qui sont obligés de vivre grâce à leurs écrits, il m'arrive de faire de jolies phrases, avec des jolis mots, qui caressent l'oreille et humidifient les yeux. Des accords en accord avec l'air du temps et des métaphores bien senties. Ma grossièreté s'exprime quand la correction et la politesse disparaissent de mon paysage. Là je pète un fusible. Pas toujours ni en toutes circonstances, mais quand je tiens une porte, pour laisser passer une femme ou un vieil homme, je n'aime pas qu'on m'ignore. Un «merci» n'a jamais tué personne. Quand je pose une question, j'aime bien qu'on me réponde. Par oui ou par... Quand je m'arrête en voiture en stoppant le flot automobile derrière moi pour laisser traverser un piéton, ne serait-ce qu'un simple regard de ce piéton vers moi, ne me semble pas superflu, alors, quand il fait merci de la mainou encore mieux, qu'il sourit, c'est carrément la fête !)... Quand je fais remarquer à un préposé au guichet qu'on n'a pas été correct ou poli, je trouve aussi assez ridicule la réponse «j'te parle ki nabghi». Pourquoi je cause de tout ça ? Parce que je trouve que, quand même, ça devient une denrée rare, les gens corrects, juste corrects...

Par exemple, lorsqu'on double un automobiliste, celui-ci, au lieu de ralentir légèrement, accélère, comme si se faire doubler était un déshonneur, un outrage qu'il fallait laver dans le sang, ce qui, d'ailleurs, arrive parfois. Incorrection qui mène à la violence. On n'a pas idée d'insulter, comme chez nous, un malheureux confrère qui aurait l'honnêteté de respecter les limitations de vitesse et de ralentir ainsi légitimement la circulation. Appels de phares, coups de klaxon, poings rageurs, intimidation font partie de la panoplie du parfait petit chauffard, c'est un plaisir et c'est un jeu. Il n'est rien de plus exquis au volant que d'impressionner l'autre, sinon de lui faire peur. On en revient à l'enfance. Un brin de politesse, de correction modérerait tout cela.

Les automobilistes sont des seigneurs qui n'écoutent personne. Leur voiture est leur forteresse. Les piétons aussi. Ils se sentent seuls dans leur égo et maîtres de l'univers. Alors, monsieur Platon, vous aviez déjà il y a 2.450 ans raison !

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Chezlui le Jeu 29 Oct 2009 - 15:35

merci Valodia... je l'avais sur le cœur

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Re: Tranche de Vie par El-Guellil du Quotidien d'Oran

Message par Valodia le Jeu 29 Oct 2009 - 18:05

chezlui a écrit:merci Valodia... je l'avais sur le cœur

Merci de m'avoir remercier deux fois

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